Lettres ouvertes : 18 discussions ouvertes
Sujet : EPICURE, lettre à Hérodote
24 mars 2006

Pour commencer, Hérodote, il faut saisir ce qui est placé sous les sons, afin qu’en nous y rapportant, nous soyons en mesure d’introduire des distinctions dans ce qui est matière à opinion, que cela suscite une recherche ou soulève une difficulté, et pour éviter que tout ne reste sans distinction dans des démonstrations que nous mènerions à l’infini, ou bien que nous n’ayons que des sons vides. Car il est nécessaire que pourchaque son, la notion première soit vue et n’ait nullement besoin de démonstration, si nous devons bien posséder l’élément auquel rapporter ce qui suscite une recherche ou soulève une difficulté, et qui est matière à opinion.

En outre, il faut observer toutes choses suivant les sensations, et en général les appréhensions présentes, tant celles de la pensée que celles de n’importe quel critère, et de la même façon les affections existantes, afin que nous soyons en possession de ce par quoi nous rendrons manifeste ce qui attend confirmation ainsi que l’inévident.

la suite sur le site epicuur



 
 
 
Sujet : en chanson...
22 mars 2006

Tu sais mon fils, le printemps cette année,
Nous apporte, des raisons d’ espérer,
Avec de bons gouvernants au sommet ça nous change,
Ils sont pour les ouvriers...

Bien sûr
Du haut de tes 10 ans
Tu dois être étonné,
De mes mots, de ma gaieté,

C’est sûr,
Tu ne m’as vu qu’en coup de vent,
Je t’ ai si peu parlé,
Mais tout ça va s’arranger, juré...

Viens vite mon fils,
Le soleil nous attend,
Nous appelle,
En sortant du métro,

La vie ce n’ est plus pareil
Maintenant quand on trime,
C’est plus pour des berlingots

Attends tu vas voir ce qu’on va voir,
Le bonheur c’est parti,
À présent qu’on a gagné

Du temps pour vivre sans histoire
Et pour goûter la vie,
Y’en aura pour nous aussi,
Promis.

Avant c’était pour survivre,
Aujourd hui on existe,
Et ça, ça change tout...

Pour t’instruire
T’auras des livres,
Mon petit,
Tu n’auras pas à en baver comme nous,

J’te vois déjà instituteur,
Entouré d’écoliers,
On s’ra tellement fier de toi

Dis-moi,
T’as rien contre ?
Ta mère en a rêvé,
C’est le moment ou jamais, pour nous.

Comme ça on se tiendra bien chaud
Et on vivra soudés,
Le tunnel on en verra
Le bout...

Voilà qu’ils racontent au boulot,
Qu’on va être augmenté,
Y’aura moins besoin
D’compter les sous,

Mon fils, on va pouvoir en faire
Et même se reposer
S’offrir des vacances,
Des vraies, l’été ...

Mon fils on ira voir la mer
On va s’ embourgeoiser
Ça y est ....

Lalalalalalala......

Année : 2000
Auteur(s) : Jean Musy - Pierre Haralambon
Label : Socadisc



 
 
 
Sujet : comme tous les mercredis
8 mars 2006

à vos plumes ! et rendez au cyber de la Friche belle de mai pour l’atelier d’écriture hebdomadaire.

et pour vous qui vous connectez pendant l’atelier amusez vous bien...



 
 
 
Sujet : lettre de (dé)motivation
2 mars 2006

Madame, Monsieur,

En réponse à l’annonce parue dans le journal daté...euh...oui, daté, je me permets de poser. Je pose donc, nu ou habillé, comme vous voudrez, en tout cas je pose ma candidature. Je la pose avec précaution d’ailleurs car pour tout vous dire elle est assez fragile, ma motivation au poste de sous-sécrétaire à l’archivage de la documentation n’étant pas en béton armé. Toutefois, votre entreprise de lingerie féminine n’étant pas dans le secteur du bâtiment ni de la construction, j’estime que cela n’est pas très grave.

Cet emploi ne m’intéresse absolument pas, vous m’en voyez navré, mais il me semble que nous pourrions peut-être faire un effort mutuel. Par exemple, les conditions que vous exigez me semblent si exigeantes que vous devriez faire un effort de communication et cesser d’exiger, mais plutôt solliciter, demander, supplier... Oui, si vous me suppliez, peut-être ferais-je de mon côté un effort pour vous répondre dans un délai raisonnable.

Je joins mes références à la présente, ne voulant en aucun cas joindre ma présence à votre référente. Enfin j’en réfère à qui vous voudrez, au bon dieu et à ses saints, de toutes manières personne ne me connaît chez vous aussi n’est-il peut-être pas absolument nécessaire de continuer deux plombes sur ce sujet.

Quoi qu’il en soit, je me tiens, je me tiens bien, je me tiens à deux mains mais certainement pas à votre disposition au cas où vous aimeriez me rencontrer. En effet, c’est dans la rubrique emploi que j’ai lu votre annonce et non dans la rubrique rencontres et en plus, vous n’êtes pas du tout mon genre.

J’ose espérer qu’il vous plaira, car moi je ne pense pas vous plaire et - pardon de me répéter - vous-même ne me plaisez pas du tout.

Enfin, je voudrais vous convaincre de la qualité de ma démotivation afin que vous puissiez sans regrets éliminer ma candidature, ce qui est mon souhait le plus vif.

Pour conclure, tâchons de ne pas sur-affecter notre relation et contentons-nous de distinguer nos considérations et de formuler nos politesses. Oui, polissons, le petit polisson que je suis excelle à polir les politesses, qualité que vous n’avez pas manqué de discerner au vu de ce qui précède.

Bien sans vous,

Marcel Glandeur



 
 
 
Sujet : "maintenant, à vos plumes"
28 février 2006

L’atelier d’écriture de la semaine dernière donnait pour consigne : de rédiger un courrier à un service public de son choix, à partir de 5 mots tirés au chapeau, et en se mettant dans la peau d’un gagnant au loto ! exemple :

Aziz BEN SOUSSAN

Banque Postale Nationale

Aziz,

C’est la première fois que je vous appelle par votre prénom, Aziz, il faut dire que maintenant, je suis votre meilleure cliente, alors je me lance. Je vous remercie pour les documents sur les SICAV, les actions, les placements rétroactifs à loyer différé, même si je n’ai pas tout compris, j’ai tout lu avec une grande attention. Si j’ai tardé à vous répondre, c’est que j’ai bien réfléchi.

Nous nous connaissons depuis bientôt cinq ans, date à laquelle je quittais définitivement la Caisse Lyonnaise Mutuelle. Cinq années ce n’est pas rien et je n’ai jamais regretté de vous avoir choisi. Aujourd’hui je peux dire que vous savez tout de moi : combien je gagne, le montant de mon loyer, combien de fois par mois je vais chez le coiffeur, ce que me donne ma grand-mère à Noël, bref nous sommes pour ainsi dire des intimes. Aussi je voudrais vous remercier pour toute cette patience à gérer mes découverts, à me communiquer pour la cinquième fois le code confidentiel de ma carte bleue visa express international travellers, à encaisser mes chèques et à calculer les maigres intérêts de mon livret d’épargne tous les premiers janvier.

C’est pourquoi j’ai bien réfléchi et, pour vous remercier, je vous propose de faire de vous mon conseiller financier personnel à vie. Dès demain, oubliez la Banque Postale Nationale, oubliez vos bureaux poussiéreux, votre mal de dos et vos doubles portes à double sonnerie et caméra infrarouge ; dès demain, venez travailler chez moi car chez moi, vous êtes chez vous ! Je serai votre employeure modèle, fini les collègues et les hiérarchies multinationales ! Je vous ai préparé ma plus belle pièce, celle avec le papier peint oiseau de feu et montagne enneigée que j’ai posé avec le premier crédit que vous m’avez accordé, vous vous souvenez Aziz, l’emprunt évolutif à 7,25% réévaluable par tiers indexé sur la zone euro ? Je vous revois encore, souriant et me tendant un stylo pour accoler à côté de la vôtre ma signature émerveillée ; ce « lu et approuvé », je tremble encore en l’écrivant à nouveau, tant de temps a passé depuis mais l’émotion est toujours là.

Aziz, vous êtes le premier homme à m’avoir fait confiance, ne serait-ce que pour rembourser un crédit ; en échange, vous êtes le seul à qui j’ai jamais confié quelque chose, et aujourd’hui, ce quelque chose me dépasse et je ne vois que vous, je ne pense qu’à vous. J’ai besoin de vous, de votre voix douce, de votre poignée de main assurée, vous êtes le seul qui puissiez m’aider à « faire les bons choix au bon moment » pour reprendre le slogan de la Banque Postale Nationale qui m’a longtemps servi de devise. Cette Banque Postale Nationale à qui vous pouvez dire adieu dès aujourd’hui.

Je vous offre la chance de votre vie. Mon papier peint à crédit vous attend. Ne le décevez pas.

Affectueusement,Votre meilleure, fidèle et bientôt unique cliente

Le prochain rendez vous pour l’atelier c’est demain, mercredi, à 18 h 30 au cyber de la Friche Belle de Mai.Vous êtes les bienvenus.



 
 
 

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